Du Cibachrome relativement toxique
Eaux usées de la photographie et production d’images en couleurs

Il est bien connu que la pratique de la photographie aux halogénures d’argent se caractérise aussi par le fait qu’elle est tributaire de l’eau. En revanche, on sait moins si et comment l’industrie photographique s’est préoccupée des eaux usées. Cet article se penche sur le traitement industriel des eaux usées en s’intéressant à l’histoire des débuts des matériaux photographiques couleur Cibachrome, que l’entreprise chimique suisse Ciba a commercialisés à partir du milieu des années 1960. L’auteur montre que Ciba a classifié les eaux usées du Cibachrome comme toxiques et en explique les raisons, reconstituant la façon dont, entre intérêts économiques, expertises scientifiques et normes de protection des eaux, elle s’est efforcée de réduire cette toxicité à l’aide de techniques de traitement des eaux usées, ceci également dans le but d’apparaître comme une entreprise respectueuse de l’environnement.

Vue aérienne du centre de recherche de Ciba Photochimie, Marly, 18 juin 1968, tirage Cibachrome, 24,9 × 23,6 cm. Marly, Archives de l’Association Cibachrome.© Archives de l’Association Cibachrome, Marly

Stephan Graf étudie les relations entre les mondes du travail de l’industrie photographique et de la science au XXe siècle. Il effectue actuellement une thèse sur l’histoire de la recherche photographique au sein de la chaire de recherche scientifique de l’ETH Zurich, financée par le programme Doc.CH du FNS. D’août 2021 à janvier 2022, il a été Visiting Scholar au Photographic History Research Centre de la De Montfort University à Leicester.

Référence : Stephan Graf, « Du Cibachrome relativement toxique. Eaux usées de la photographie et production d’images en couleurs », Transbordeur. Photographie histoire société, no 8, 2024, pp. 66-77.

Transbordeur
Revue annuelle à comité de lecture