De la politique à la photographie
Gisèle Freund et le monde communiste dans les années 1930

Gisèle Freund, manifestation du 1er mai, Francfort-sur-le-Main, 1932, tirage numérique à partir d’un négatif, 2,4 × 3,6 cm. Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, IMEC (fonds Gisèle Freund).
Sur la banderole : « Photographier est aussi une arme dans la lutte des classes ! Entrez dans l’Union des photographes ouvriers ! »

Photographe renommée pour ses portraits couleurs du milieu artistique et intellectuel parisien des années 1930, Gisèle Freund l’a dit et répété dans ses nombreux écrits : par prudence, elle a abandonné toute activité politique le jour où elle a franchi la frontière pour se réfugier en France. Les archives papier de cette sociologue sont presque muettes sur ce sujet pour la période d’avant-guerre. Or, en se tournant vers l’étude de ses photographies, leur contenu mais aussi leur diffusion, on découvre que Gisèle Freund a bel et bien participé à une forme de lutte politique après son arrivée en France en 1933, même si cela demande avant tout d’élargir la notion d’engagement à une acception plus large, fondée sur la prise de position, où être engagée peut aussi vouloir dire, plus discrètement, appartenir à des réseaux ou des organisations collectives, comme des revues ou des associations, autant de structures politiques déterminantes dans le parcours de chaque individu.

Enseignante à la Parsons School of Art & Design à Paris, Lorraine Audric est diplômée de l’école du Louvre et de la Columbia University en histoire de l’art moderne et contemporain. Chercheuse associée à l’Institut mémoires de l’édition contemporaine, elle a notamment participé à de nombreux projets autour des archives de Gisèle Freund : direction de la campagne de numérisation du fonds (2012-2016), commissariat scientifique des expositions Gisèle Freund. L’OEil frontière, Paris 1933-1940 (2012) et Gisèle Freund, Fotografische Szenen und Porträts (2014).

Transbordeur
Revue annuelle