Une histoire en deux actes
La photographie sociale tchèque de l’entre-deux-guerres au prisme de l’historiographie de l’ère communiste

Jiří Lehovec, La Blanchisserie, cycle Paris, Ville lumière, 1932, tirage argentique d’époque, 29 × 23 cm. Photographie montrée à l’Exposition de photographie sociale à Prague en 1933. Prague, Uměleckoprůmyslové muzeum (GF 2615).

Le premier acte de la photographie sociale tchèque se joue entre 1931 – date à laquelle sont fondés les groupes de photographie sociale de l’association Levá Fronta – et le début de la Deuxième Guerre mondiale. Un second acte s’ouvre après l’instauration du régime communiste en Tchécoslovaquie en 1948. Deux anciens chefs de file du mouvement, Lubomír Linhart et František Kalivoda, sont, à partir de 1961, officiellement chargés d’en écrire l’histoire. Cette première historiographie a été jusqu’à présent occultée, alors qu’elle a éclairé d’un jour nouveau la photographie sociale tchèque de l’entre-deux-guerres, ainsi que l’influence du militantisme de gauche sur toute la création photographique de l’époque. Les sources étudiées dans cet article confirment qu’un grand nombre de photographes tchèques, issus aussi bien de l’avant-garde que du monde ouvrier, avait adhéré à l’idéal d’une photographie vectrice de changement social, nous incitant à repolitiser notre lecture de ce contexte.

Fedora Parkmann est chercheuse post-doctorante à l’Institut d’histoire de l’art de l’Académie des sciences de la République tchèque, associée au Centre français de recherche en sciences sociales à Prague. Docteure en histoire de l’art, elle a enseigné cette discipline à l’Université catholique de l’Ouest à Angers et à la Sorbonne Université. Elle consacre ses recherches actuelles à l’histoire transnationale des expositions de photographie sociale en Tchécoslovaquie.

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