Taki Kōji
Essai de contre-photographie

Taki Kōji, photographie tirée de l’album Mazu tashikarashisa no sekai wo sutero, Tokyo, Tabata shoten, 1970, n. p.

Taki Kōji (1928-2011) a joué un rôle central au sein de la revue de photographie japonaise Provoke (1968-1970), mais la manière qu’il a eu de prendre ensuite ses distances, ainsi que son choix de se concentrer sur l’écriture au détriment de la création plastique, lui confèrent aujourd’hui une place marginale dans l’histoire du mouvement. Pourtant, le parcours et les résolutions de Taki ont une cohérence qu’il est important de réévaluer si l’on veut bien mesurer la portée critique de cette revue. La position de Taki relève d’une critique du médium photographique, incomplet et décevant par son incapacité à saisir la totalité du monde. Provoke apparaît en effet moins comme une revue d’art que comme une revue de « contre-photographie » et le passage de Taki à la théorie, son abandon du médium, ne sont en définitive que le prolongement de sa critique de l’image par l’image.

Michael Lucken, professeur des universités et directeur du Centre d’études japonaises à l’Institut national des langues et civilisations orientales, est spécialiste d’esthétique et de l’histoire culturelle du Japon moderne. Ses thèmes de recherche actuels concernent l’histoire de la critique des médias et le philhellénisme dans les années 1930-1940. Parmi ses publications récentes : Les Fleurs artificielles. Imitation, création et logique de domination (Presses de l’Inalco, 2015), Nakai Masakazu. Naissance de la théorie critique au Japon (Les presses du réel, 2016) et Japon. L’Archipel du sens (Perrin, 2016).

Mots clés : Provoke, Taki Kōji, Moriyama Daidō, Nakahira Takuma, photographie japonaise, critique, excreta, contre-photographie

Référence : Michael Lucken, « Taki Kōji. Essai de contre-photographie », Transbordeur. Photographie histoire société (« Photographie et exposition »), Paris, Macula, no 2, 2018, pp. 200-217.

Transbordeur
Revue annuelle