Ce qui se donne à voir
Sur le futur antérieur du photographique

Prosper Lafaye, Conférence dans le salon de M. Irisson sur la découverte de la photographie en 1839, 1844, huile sur toile, 71 x 98 cm. © Musée Carnavalet, Paris.

On a longtemps parlé de l’année 1839 comme de l’année de l’invention de la photographie, ce qui a depuis lors été déconstruit et considéré comme un indéfendable poncif. Il n’existe pas une photographie ni même un acteur unique, mais bien, depuis le début, une diversité de procédés photographiques et un important groupe de pionniers. La date de 1839 prend cependant toute sa signification lorsqu’on interroge les stratégies de publication en lien avec le photographique. Jacques Louis Mandé Daguerre fut le premier, en janvier 1839, à faire entrer ce procédé dans l’espace public – ou plutôt dans l’espace presque public. Mais pourquoi Daguerre n’a-t-il jamais, ni en 1839 ni plus tard, consenti à montrer publiquement des épreuves d’un procédé si intimement lié à son nom ? Cet article de tente de reconstruire les raisons d’une étrange distance, car à vrai dire, au début d’une histoire des expositions photographiques se trouve une exhibition qui n’a jamais eu lieu.

Steffen Siegel est professeur de théorie et histoire de la photographie à l’université Folkwang d’Essen. Il compte parmi ses publications, en plus de sa thèse Tabula. Figuren der Ordnung um 1600 (Akademie Verlag, 2009), le livre Belichtungen. Zur fotografischen Gegenwart (Fink, 2014) et Ich ist zwei andere. Jeff Walls Diptychon aus Bildern und Texten (Fink, 2014), ainsi que Neues Licht. Daguerre, Talbot und die Veröffentlichung der Fotografie im Jahr 1839 (Fink, 2014). Cette anthologie fut récompensée en 2014 du prix « Photographie-Geschichte » de la Société allemande de photographie et, en 2017, du prix « Geisteswissenschaften International ». Elle a été traduite en anglais sous le titre First Exposures. Writing from the Beginning of Photography (Getty Publications, 2017).

Mots clés : Jacques Louis Mandé Daguerre, Prosper Lafaye, exposition, historiographie de la photographie, invention de la photographie

Référence : Steffen Siegel, « Ce qui se donne à voir. Sur le futur antérieur du photographique », Transbordeur. Photographie histoire société (« Photographie et exposition »), Paris, Macula, no 2, 2018, pp. 16-27.

Transbordeur
Revue annuelle